Vous êtes ici : Accueil > Archives saisons > Saison 2012

Dimanche 3 Juin

Dimanche 3 Juin 2012
Orgue et cinéma
18h00
fêtes johanniques

Improvisations à l’orgue par Marc Pinardel,
sur « Champagne », film muet (1928) d’Alfred Hitchcock,
projection sur grand écran
Entrée : 7€

Marc PINARDEL

Organiste titulaire des grandes orgues de Notre-Dame de Grâce de Passy à PARIS. Son goût de l’improvisation l’a conduit, dès l’enfance, à s’y former de façon totalement autodidacte. Il est chargé en Sorbonne du cours d’improvisation et d’accompagnement pour les candidats à l’agrégation de musique. Il anime des stages de formation à l’improvisation, destinés aux professeurs d’instruments des conservatoires et aux musiciens professionnels.
Professeur d’orgue à SAINT-MAURICE (Val de Marne), il y a créé un atelier d’improvisation pluridisciplinaire : claviers, cordes, vents. Il fait partie de l’équipe de France d’improvisation, victorieuse du Canada lors du premier match d’improvisation organisé en France dans le cadre du Festival International "Toulouse les Orgues" 2006. Il a accompagné plusieurs films (« Jeanne d’Arc » de Carl DREYER, « La Passion selon Saint-Mathieu » de Pier Paolo PASOLINI, l’intégrale des « Fantomas » de Louis FEUILLADE) en direct à l’orgue, au clavecin et au piano. Il a été deux fois l’invité de l’émission « A l’improviste » d’Anne MONTARON sur France Musique. Il a enregistré deux disques d’improvisations sur des instruments historiques.

La musique à l’origine du cinéma

Les premières projections de film bénéficiaient d’un accompagnement musical. En 1908, le compositeur français Camille Saint-Saëns écrivit ce qui fut la première partition originale pour un film, celui de Charles Le Bargy, l’Assassinat du duc de Guise. Du temps du cinéma muet, les salles proposaient un accompagnement musical exécuté pendant la projection, au piano ou sur un orgue, par un orchestre complet ou au moyen d’un phonographe. La musique jouée était généralement tirée des classiques populaires, voire improvisée, mais de nombreuses compositions écrites spécialement pour un film étaient interprétées, en général, dans les plus grandes villes. Des musiciens célèbres ne dédaignèrent pas d’écrire pour le cinéma muet :Satie, Honegger, Antheil, Schmitt, Milhaud notamment.
L’orgue de cinéma ne fut pas construit systématiquement dans les cinémas muets. Le piano y était probablement plus souvent l’instrument de prédilection. L’orgue de théâtre ou orgue de cinéma est un instrument de musique de la famille des orgues à tuyaux, largement développé à partir de la fin du XIXe siècle que l’on trouvait et que l’on trouve encore quelques fois dans les théâtres et les grandes salles de cinéma pour accompagner les films muets, mais aussi la danse, la chanson, la musique d’ambiance pendant les entractes et autres manifestations sociales, le divertissement et le concert. _ Un instrument à cheval entre le piano et l’orgue fut le Photoplayer, piano automatique pourvu de deux mécaniques à rouleaux qui permettait de changer l’un d’eux pendant que l’autre jouait. Ce dernier était pourvu d’effets comme cloches, tambours et sirènes qu’il fallait le plus souvent activer à la main. Sur l’orgue de théâtre, l’organiste doit tout faire avec ses mains et ses pieds. L’orgue de théâtre est avant tout un instrument cherchant à imiter l’orchestre. On y joue donc le répertoire qui lui est propre, essentiellement improvisé : variété, cinéma, beaucoup de transcriptions et du jazz. Du fait de sa ressemblance avec l’orgue romantique, il n’est pas interdit d’y jouer Franck ou Vierne, à la rigueur Widor.
En France, la première alliance de l’Orgue et du Cinéma a eu lieu à Paris, lors de l’Exposition Universelle de 1900 où dans la grande Salle des fêtes, on avait installé un écran géant de vingt mètres de base et un grand orgue de salle de concert construit par Charles Mutin, successeur de Cavaillé-Coll.
Ainsi des organistes pouvaient improviser avec talent lors des projections des films du Cinématographe Lumière :« l’arrivée d’un train en gare de La Ciotat », « Le repas de bébé », « l’arroseur arrosé »… Charles Mutin devait par la suite réaliser de grandes orgues de spectacle pour le Cirque d’Hiver, exploité en Cinéma par la société Pathé de 1907 à 1923 et pour le Gaumont Palace à Paris. Toutes les grandes salles s’équipèrent alors de cet instrument roi, véritable orchestre à lui tout seul.

"Champagne"

Production : British International Pictures 1928, G.B / Réalisation : Alfred Hitchcock. Scénario : Eliot Stannard. / Directeur de la photographie : Jack Cox. /Studios : Elstree. / Distribution : Wardour & F 1928,
Interprétation : Betty Balfour (Betty), Gordon Harker (son père), Ferdinand Von Alten (le passager), jean Bradin (le jeune homme), jack Trevor, et Marcel Vibert.Production : British International Pictures 1928, G.B
Réalisation : Alfred Hitchcock. Scénario : Eliot Stannard.

Produit en 1928 en Angleterre, « Champagne » est une comédie légère à propos de la décision d’un millionnaire de donner une leçon à sa fille frivole Betty en feignant une banqueroute. Second film de Alfred Hitchcock et bien qu’estimé par la critique comme pas le meilleur de sa « première période », on y trouve quelques touches expérimentales dont des vues au travers d’un verre de champagne. Ce film a pu être conservé grâce au soutien de l’Institut du Film Britannique et… des Maisons de Champagne (ancêtres de l’UMC - Union des maisons de Champagne). La relation de Hitchcock et des « spiritueux » est particulière. Presque tous ses films contiennent un moment où les protagonistes consomment du vin ou de l’alcool. Vertigo, Marnie, Topaz, L’homme qui en savait trop et quelques autres en témoignent aisément. Sir Alfred aimait particulièrement le Mimosa ( Champagne et jus d’orange). Où Norman Bates, l’assassin de Psychose, cache-t-il le cadavre de sa mère ? ….dans un cellier !!!

SYNOPSIS

Betty, fille d’un riche magnat de Wall Street, quitte tout pour rejoindre, en hydravion, le paquebot sur lequel voyage son amant. Mais une dispute éclate entre les deux amoureux : Betty révèle à son amoureux que son père pense qu’il en veut à son argent. Finalement, Betty rejoint Paris où elle enchaîne les fêtes et les coupes de champagne.
Mais une nouvelle fois le sort contrarie ses envies : son père fait irruption chez elle et lui apprend sa ruine. Le père et la fille s’installent dans une modeste mansarde. Le fiancé de Betty propose son aide. Elle refuse et préfère trouver un emploi dans un cabaret. Au final, nous apprendrons que le père de Betty n’était pas ruiné et que l’étrange passager qui la surveillait, tout le long de ses pérégrinations, était son employé. Il voulait ainsi donner une leçon à sa fille, jugée frivole et irresponsable. Tout est bien qui finit bien puisque le mariage initialement redouté est finalement approuvé.